LUXEMBOURG - Le gouvernement veut réduire le nombre de véhicules diesel sur les routes. Si besoin, les prix à la pompe pourraient être revus à la hausse.

Si la réforme fiscale ne porte pas ses fruits, le prix du diesel pourrait augmenter mais uniquement pour les particuliers. (photo: Editpress/Didier Sylvestre)

370 personnes meurent tous les ans au Luxembourg, en raison de la pollution atmosphérique – c'est ce qui ressort d'un rapport que l'Agence européenne pour l'environnement (EEA) a publié en novembre dernier. Le gouvernement veut améliorer la qualité de l'air en réduisant notamment le nombre des véhicules roulant au diesel. Selon l’étude sur les effets négatifs de la vente des carburants au Luxembourg publié en novembre, 25% des carburants routiers vendus au Luxembourg sont consommés par des résidents, le diesel s'y taille la part du lion avec 81%.

La réforme fiscale entrée en vigueur au début de l’année prévoit une augmentation des taxes sur les voitures de leasing à taux de CO2 élevé et le gouvernement réfléchit à d'autres mesures, au cas où cette pression fiscale s’avérerait insuffisante: «Une autre option serait de réduire la différence de prix entre le diesel et l'essence, et donc de réduire l'attrait économique des voitures diesel», détaille à L'essentiel Camille Gira, secrétaire d'État au Développement durable.

Hausse pour les particuliers, pas pour les transporteurs

Au printemps, les chiffres des nouvelles immatriculations montreront si la réforme fiscale a produit son effet. Camille Gira est optimiste: «L'an dernier les immatriculations de véhicules diesel ont baissé de 5%. Si nous arrivons à accentuer la baisse par le biais de la réforme fiscale, une augmentation des prix à la pompe ne serait plus d’actualité».

De son côté, la ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg annonce dans une réponse parlementaire au député CSV, Marcel Oberweis, qu'un groupe de travail a été chargé de réfléchir à une différenciation fiscale entre la consommation privée du gasoil et son utilisation commerciale. Ce qui signifie que le gouvernement pourrait augmenter le prix du diesel pour les voitures des particuliers, mais le laisser à un niveau avantageux pour les transports routiers.

Fin des ventes à l'horizon 2025?

Si le diesel devait augmenter pour tous les véhicules, «nous aurions toujours autant de poids lourds traversant le Luxembourg, mais qui feraient leur plein en Belgique», prévient Camille Gira. Les camions y bénéficient déjà d'un diesel à taux d'imposition réduit, et les revenus issus de la vente d'essence sont en baisse au Luxembourg depuis des années. «Nous ne pouvons pas nous permettre d’augmenter les prix pour cette branche, cela ne contribuerait en rien à la préservation de l’environnement, il y aurait toujours autant de transports routiers dans notre pays, et en plus l'État perdrait des revenus».

À l’horizon 2025, les ventes de voitures diesel pourraient être stoppées. C'est du moins ce que recommande l'étude Rifkin, dont les propositions et visions ont été reprises par le conseil de gouvernement. Mais selon le ministère de l'Environnement, la transposition de ces recommandations en texte de loi n’a pas encore été décidée.